Chaque année, les mêmes plaintes reviennent au cabinet à partir de la mi-septembre : gorge sèche, peau qui tire, rhumes qui s'enchaînent, énergie qui retombe d'un coup après l'été. La médecine chinoise ne voit rien d'anecdotique là-dedans : elle associe l'automne à une fonction énergétique précise, le Poumon, et à un mouvement particulier, celui du repli.
Attention au faux ami. Le Poumon de la médecine chinoise n'est pas seulement l'organe respiratoire. Il désigne une fonction plus large, qui gouverne le souffle, mais aussi la peau, les poils, la défense de l'organisme contre les agressions extérieures, et l'émotion associée à la tristesse et au deuil.
Cette fonction est chargée de diffuser l'énergie défensive à la surface du corps, une sorte de couche protectrice qui suit le contour de la peau. Quand elle s'affaiblit, deux choses arrivent simultanément : on attrape tout ce qui passe, et on se sent plus vulnérable, plus perméable à ce qui vient de l'extérieur.
À chaque saison correspond une influence climatique dominante. Celle de l'automne est la sécheresse. Elle se manifeste par une gorge qui gratte au réveil, des lèvres gercées, une peau rêche, une toux sèche sans expectoration, parfois une constipation qui apparaît sans changement d'alimentation.
C'est la raison pour laquelle la médecine chinoise recommande à cette période des aliments qui humidifient plutôt que des aliments qui assèchent : poire, courge, potiron, champignons, amandes, miel, riz, soupes et bouillons. À l'inverse, on réduit ce qui assèche : grillades, fritures, épices fortes, alcool, excès de café.
Le passage aux cuissons longues et humides n'est pas une préférence culinaire. C'est un ajustement de saison, et il se ressent en deux semaines.
En médecine chinoise, la nuque et le haut du dos constituent la porte d'entrée du vent et du froid. C'est là que se situent les points traditionnellement mobilisés au début d'un refroidissement. Une écharpe dès que la température baisse n'est pas une précaution de grand-mère, c'est une logique cohérente avec cette lecture.
L'automne amorce le mouvement de repli qui culminera en hiver. Continuer à vivre sur le rythme de juillet en octobre épuise le socle énergétique. Trente minutes de coucher avancé font une différence réelle sur la résistance aux infections saisonnières.
Salades et fruits crus étaient adaptés à la chaleur estivale. En automne, ils demandent au système digestif un travail de réchauffement supplémentaire, précisément au moment où l'énergie doit servir ailleurs. Compotes, légumes cuits, soupes du soir : le changement est modeste, l'effet ne l'est pas.
L'entretien énergétique d'intersaison est un motif de consultation classique, y compris sans plainte particulière. Selon le bilan, la séance associe le travail des points d'acupuncture liés au Poumon, un Tui Na du haut du dos, des ventouses sur cette même zone, et de la moxibustion lorsque le terrain est marqué par le froid.
Pour les personnes sujettes aux rhumes à répétition ou aux allergies saisonnières, l'intérêt d'anticiper est réel : un travail engagé en septembre ou octobre prépare mieux l'hiver qu'un travail commencé au troisième rhume de janvier.
Une toux persistante au-delà de trois semaines, une fièvre qui dure, un essoufflement inhabituel, une infection respiratoire qui ne cède pas relèvent d'un avis médical. L'accompagnement en médecine chinoise se place en complément d'un suivi, jamais à sa place.
Cabinet à Masléon (87130), à 30 minutes de Limoges. Parking privé devant le cabinet.